Rédigé le 16 décembre 2011 à 00:01 dans Au hasard Balthazar, Beau linge, Cabinet de curiosités, Herbier des villes, INFRA-ORDINAIRE, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Chiffons, Natures mortes, Objets orphelins | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
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"Tu n'as rien vu à Hiroshima, rien !" Marguerite Duras (HIROSHIMA MON AMOUR -1959)
Manteau de mémoire pour HIROSHIMA (H 150cm X L 120cm) Marie-France DUBROMEL, 2004
Technique : Tricot point mousse sur bandes de draps déchirées. Sur les bandes de drap : écriture au feutre noir du texte de Marguerite Duras "Tu n'as rien vu à Hiroshima ! Rien !"
Rédigé le 06 août 2011 à 00:01 dans JAPONITUDE, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins, Marie-Chiffons, T... comme | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)
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"J'ai su depuis qu'il [mon père] avait été gazé en 1917. Ma mère lui a survécu longtemps, sans jamais parler de lui, jusqu'au jour où je l'ai trouvée une paire de ciseaux à la main, découpant la coiffe d'un chapeau de paille.
-Je le portais le jour où j'ai connu ton père. Je l'avais remarqué de loin, au skating des Palmiers ou aux bains Sainte-Hélène. Ce jour là, un dimanche, nous nous sommes croisés devant les Dames de France.
Elle avait déplié une couverture sur la table de la salle à manger. Elle y a cousu au milieu le fond de son chapeau de paille. Quelques jours plus tard, c'était un soleil entouré de rayons dorés. Elle m'a montré une vareuse dont elle avait coupé les manches.
-Les galons de son uniforme.
Il y avait autour d'elle toutes sortes de cartons qu'elle sortait de la penderie. Je me suis aperçu qu'elle avait tout gardé, comme un trésor intact, tout ce qu'ils portaient l'un et l'autre pendant leurs dix ans de mariage. Je la vois encore choisir ses fils, enfiler son aiguille, le yeux plissés. Elle y a travaillé deux mois. Le dernier jour, elle a sorti d'un long carton rectangulaire une robe que je connaissais. Car la seule photographie qu'elle ait conservée (elle avait dû brûler toutes les autres) était celle de son mariage. Elle baissait la tête, en sortant de l'église, sous une voûte d'épées brandies. Elle a découpé cette robe en petites lanières dont elle a entouré son patchwork. Puis elle s'est enfermée dans cet étrange manteau bariolé, en murmurant :
-J'ai froid."
Jacques TOURNIER (La Maison de thé - Ed. du Seuil, 2011)
Rédigé le 10 juin 2011 à 00:01 dans MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins, Marie-Chiffons | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
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Au début des années 1960, Jeanne avait tricoté un pull over pour Joseph Le Lain, son époux.
Il fut ensuite porté par Jean-Claude, le fils aîné, jusqu'à sa mort accidentelle.
Les manches étant usées et trouées, Jeanne les détricota et refit quelques rangs de côtes au niveau des épaules.
Elle donna ce nouveau pull sans manches, à Gilles, son fils cadet, qui l'utilisa jusque dans les années 1990.
Il cessa de le porter lorsqu'il eut trop rapetissé et feutré à cause des lavages.
En juin 2005, il m'en fit don avec cette dédicace :
"Pour ma cousine,
Passages
La laine des Le Lain
sans manche autrement, tendrement".
Rédigé le 07 janvier 2011 à 00:01 dans Côté famille, Fil à fil , MANTEAUX de Mémoire, T... comme | Lien permanent | Commentaires (9) | TrackBack (0)
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"ROUGE EST LA COULEUR DU SANG" Louise Bourgeois
"CELL FOR LOUISE" : "Manteau de mémoire".
Installation en hommage à Louise BOURGEOIS par Marie-France Dubromel, lors d'une exposition personnelle :
"Mercerie ambulante. De l'étoffe des songes... aux Manteaux de mémoire"
à la Médiathèque FLORIAN de Rambouillet, en décembre 2003 et janvier 2004.
(Techniques : broderie sur linge usagé, housses de blanchisserie et mouchoir rouge de Cholet)
Rédigé le 03 décembre 2010 à 00:01 dans Beau linge, Belles Lettres, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
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Rédigé le 26 novembre 2010 à 00:05 dans Beau linge, Belles Lettres, Femmes de ma vie, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins, Marie-Cimaises | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
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"Pourquoi ne l'avoir pas gardée ? Elle était faite à moi; j'étais fait à elle. Elle moulait tous les plis de mon corps sans le gêner; j'étais pittoresque et beau. L'autre, raide, empesée, me mannequine.
Il n'y avait aucun besoin auquel sa complaisance ne se prêtât; car l'indigence est presque toujours officieuse. Un livre était-il couvert de poussière, un de ses pans s'offrait à l'essuyer. L'encre épaissie refusait-elle de couler de ma plume, elle présentait le flanc. On y voyait tracés en longues raies noires les fréquents services qu'elle m'avait rendus. Ces longues raies annonçaient le littérateur, l'écrivain, l'homme qui travaille. A présent, j'ai l'air d'un riche fainéant; on ne sait qui je suis.
Sous son abri, je ne redoutais ni la maladresse d'un valet, ni la mienne, ni les éclats du feu, ni la chute de l'eau. J'étais le maître absolu de ma vieille robe de chambre; je suis devenu l'esclave de la nouvelle.
Le dragon qui surveillait la toison d'or ne fut pas plus inquiet que moi. Le souci m'enveloppe."
Denis DIDEROT
Regrets sur ma vieille robe de chambre ou Avis à ceux qui ont plus de goût que de fortune (1772). Extrait.
Rédigé le 17 septembre 2010 à 00:00 dans MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
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Rédigé le 01 septembre 2010 à 00:01 dans MANTEAUX de Mémoire | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)
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[...] Ҫa se passe dans un village très près de Deauville, à quelques kilomètres de la mer. Ce village s'appelle Vauville. Le département, c'est le Calvados. Vauville. C'est là. C'est le mot sur le panonceau. Quand j'y suis allée pour la première fois, c'était sur le conseil d'amies, commerçantes à Trouville. Elles m'avaient parlé de la chapelle adorable de Vauville. [...] C'est de l'autre côté de cette église qu'il y a le corps du jeune aviateur anglais tué le dernier jour de la guerre.
Et au milieu de la pelouse, il y a un tombeau. Une dalle de granit gris clair, parfaitement polie. Je ne l'ai pas vue tout de suite, cette pierre. Je l'ai vue quand j'ai connu l'histoire. C'était un enfant anglais. Il avait vingt ans. Son nom est inscrit sur la dalle. On l'a d'abord appelé le Jeune aviateur anglais.
Il était orphelin. Il était dans un collège de la province du nord de Londres. Il s'était engagé comme beaucoup de jeunes anglais. C'étaient les derniers jours de la guerre mondiale. Le dernier peut-être, c'est possible. Il avait attaqué une batterie allemande. Pour rire. Comme il avait tiré sur leur batterie, les Allemands avaient répliqué. Ils ont tiré sur l'enfant. Il avait vingt ans. L'enfant est resté prisonnier de son avion. Un Meteor monoplace. [...] Pendant un jour et une nuit, dans la forêt, tous les habitants de Vauville l'ont veillé. Comme avant, dans les temps anciens, comme on l'aurait fait avant, ils l'ont veillé avec des bougies, des prières, des chants, des pleurs, des fleurs. Et puis ils ont réussi à le sortir de l'avion. Et l'avion, ils l'ont extrait de l'arbre. Ҫa a été long, difficile. Son corps était prisonnier du réseau d'acier et de l'arbre.
Ils l'ont descendu de l'arbre. Ҫa a été très long. A la fin de la nuit ça avait été fait. Le corps une fois descendu, ils l'ont porté au cimetière et tout de suite ils ont creusé sa tombe. C'est le lendemain, je crois, qu'ils ont acheté la dalle de granit clair [...] L'année après sa mort, quelqu'un est venu pour le voir, ce jeune soldat anglais. Il avait apporté des fleurs. Un vieil homme, anglais lui aussi. Il est venu là pour pleurer sur la tombe de cet enfant et prier. Il a dit qu'il était le professeur de cet enfant dans un collège du nord de Londres. C'était lui qui avait dit le nom de l'enfant. C'est lui qui avait dit aussi que cet enfant était orphelin. Qu'il n'y avait personne à prévenir. Chaque année, il était revenu. Pendant huit ans. Et sous la dalle de granit, la mort a continué de s'éterniser. Et puis il n'est jamais revenu. Il n'y a plus que les habitants du village pour se souvenir et s'occuper de la tombe, des fleurs, de la dalle de pierre grise. Moi, je crois que pendant des années personne n'a su l'histoire en dehors des gens de Vauville. Le professeur avait dit le nom de l'enfant. Ce nom a été gravé sur la tombe : W.J Cliffe
Chaque fois que le vieil homme parlait de l'enfant, il pleurait. La huitième année, il n'est pas revenu. Et jamais plus il n'est revenu."
Marguerite DURAS Extraits de "La mort du jeune aviateur anglais" in "Écrire" Gallimard, 1993
Rédigé le 22 août 2010 à 00:01 dans AILLEURS... et autrement, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
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Rédigé le 06 août 2010 à 00:01 dans JAPONITUDE, MANTEAUX de Mémoire | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
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Rédigé le 24 juin 2010 à 00:07 dans MANTEAUX de Mémoire | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
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Rédigé le 01 juin 2010 à 10:32 dans Femmes de ma vie, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, Petites coutures, TRIBUTE TO | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
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Rédigé le 28 mars 2010 à 11:03 dans Belles Lettres, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, Petites coutures, TRIBUTE TO | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
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Rédigé le 01 mars 2010 à 00:07 dans Beau linge, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)
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En 2001, Simon HANTAÏ adresse à Hélène CIXOUS une photo de sa mère, Anna, prise en Hongrie, avant sa naissance. Elle porte un immense tablier aux plis raides.
Hélène CIXOUS à Simon HANTAÏ :
"Le jour est le 22 Juin 2001. Tout de suite le tablier. Tout de suite j'ai vu. Le Tablier ! Comme on dirait : La Mer. Ou : Maman. Ou : Anna.
On n'a jamais vu un tablier comme ça. On le reconnaît aussitôt. Le Tablier : il est jeune,sans âge. Il a l'air inventé. Noir qui n'est pas noir. Indigo. Ciré. Comme s'il y avait des tabliers immortels. Les Enfances.
"Tablier déplié tablier multiplié, tablier sablier, tablier avec le temps, plié, plier.
[...]
Le Tablier et le gardien du Tablier
Je regarde le Tablier-déplié.
Je vois que je regarde un tablier qui n'est pas un simple tablier, qui est un tablier multi-plié, un Tablier plié-plié-déplié-multi-plié, unTaplié. Je crois voir un Tablier et je vois un tablier-autre.Tablier-Sablier. Tablier avec Temps. Temps d'Avant et temps d'Après. Avant et Après imprimés dans le Tablier. Ce Tablier garde la mémoire. Hantaï garde le gardien. Dans le Tablier : La mère-pli le fils-pli, le pli-fils, le pli-mère, le dessus-dessous est un avant-après. tablier : table chronologique".
"Toute la vie copier sur le tablier, copier la vie copier le tablier".
Simon HANTAÏ à Hélène CIXOUS, le 20 12 2003 :
"Ce sont des noeuds, serrés dans la paume de la main, froissés, pleines de plis, dépliable. ouvert sur des blancs actifs".
EXTRAITS de : "Le Tablier de Simon Hantaï" Hélène Cixous, Galilée, 2005
Rédigé le 05 février 2010 à 00:07 dans MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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"Manteau de mémoire" pour PERCEVAL : Relecture textile du "PERCEVAL" de Chrétien de Troyes.
L'ENFANCE DE PERCEVAL
Sur une brassière en coton blanc, on peut lire : FIL au fil rouge et "fils" écrit au crayon feutre noir.
De même sur un tee-shirt gris, récupéré dans l'armoire de mon fils.
Les 2 pièces textiles sont reliées par une bande de drap déchirée, sur laquelle j'ai écrit au feutre rouge :
"La mère tout autant qu'elle put, le retint et le retarda" Chrétien de Troyes (PERCEVAL)
Le Manteau de mémoire" pour PERCEVAL
-Une chemise d'homme (fin 19ème siècle) en chanvre, rapiécée et reprisée, chargée de vécu, offerte par une personne âgée, à la suite de l'installation "Histoires de vécu", en 2001, dans la chapelle St Vigor de Mieux (14).
- Un tee-shirt abandonné, ramassé sur le parking d'une piscine, le lendemain du vernissage de St Vigor.
Le tee-shirt porte la marque "Chevignon", au col. Il est tricolore (orange /gris / noir), troué et taché de peinture blanche.
Sur le devant, au niveau de la poitrine, on distingue la trace d'un transfert thermocollé avec l'empreinte de la lettre P.
Sur "la grosse chemise de chanvre", j'ai enfilé l'habit "souple et mince" des chevaliers du 21ème siècle : le TEE-SHIRT.
La lettre P d'origine, grossièrement rebrodée de rouge, au point de croix, est devenue LA MARQUE de PERCEVAL.
Sur la manche droite de la chemise de chanvre, j'ai transcrit (au marquage de blanchisserie) un extrait du texte original de Chrétien de Troyes, en vieux français.
Au dos de la chemise, sur la manche gauche, j'ai repris la traduction du texte en français moderne, établie par Jean DUFOURNET (ed. Garnier-Flammarion) :
"Quoi, j'échangerais mes bons vêtements que ma mère m'a faits l'autre jour, contre ceux de ce chevalier, et ma grosse chemise de chanvre contre celle-ci qui est souple et mince ?"
Sur le devant du tee-shirt, à droite, j'ai repris un texte sur la guerre, extrait du film "FOR EVER MOZART" de Jean-Luc GODARD :
«La guerre, c'est simple. C'est faire rentrer un morceau de fer dans un morceau de chair»
Rédigé le 25 janvier 2010 à 00:07 dans Belles Lettres, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
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NOBODY/EVERYBODY
Même les réactions du spectateur, ses peurs ou ses colères, sont partie intégrante du déroulement de l'oeuvre."
Christian BOLTANSKI.
Rédigé le 18 janvier 2010 à 11:02 dans MANTEAUX de Mémoire, Marie-Cimaises | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
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QUOIQUE !
Conte de la mère-grand (1870) tradition orale du Nivernais
C'était une femme qui avait fait du pain. Elle dit à sa fille :
– Tu vas porter une époigne toute chaude et une bouteille de lait à ta grand. Voilà la petite fille partie. À la croisée de deux chemins, elle rencontra le bzou qui lui dit :
– Où vas-tu ?
– Je porte une époigne toute chaude et une bouteille de lait à ma grand.
– Quel chemin prends-tu ? dit le bzou, celui des aiguilles ou celui des épingles ?
– Celui des aiguilles, dit la petite fille.
– Eh bien ! moi, je prends celui des épingles.
La petite fille s'amusa à ramasser des aiguilles.
Et le bzou arriva chez la Mère grand, la tua, mit de sa viande dans l'arche et une bouteille de sang sur la bassie.
La petite fille arriva, frappa à la porte.
– Pousse la porte, dit le bzou. Elle est barrée avec une paille mouillée.
– Bonjour, ma grand, je vous apporte une époigne toute chaude et une bouteille de lait.
– Mets-les dans l'arche, mon enfant. Prends de la viande qui est dedans et une bouteille de vin qui est sur la bassie.
Suivant qu'elle mangeait, il y avait une petite chatte qui disait :
– Pue !... Salope !... qui mange la chair, qui boit le sang de sa grand.
– Déshabille-toi, mon enfant, dit le bzou, et viens te coucher vers moi.
– Où faut-il mettre mon tablier ?
– Jette-le au feu, mon enfant, tu n'en as plus besoin.
Et pour tous les habits, le corset, la robe, le cotillon, les chausses, elle lui demandait où les mettre. Et le loup répondait : "Jette-les au feu, mon enfant, tu n'en as plus besoin."
Quand elle fut couchée, la petite fille dit :
– Oh, ma grand, que vous êtes poilouse !
– C'est pour mieux me réchauffer, mon enfant !
– Oh ! ma grand, ces grands ongles que vous avez !
– C'est pour mieux me gratter, mon enfant !
– Oh! ma grand, ces grandes épaules que vous avez !
– C'est pour mieux porter mon fagot de bois, mon enfant !
– Oh ! ma grand, ces grandes oreilles que vous avez !
– C'est pour mieux entendre, mon enfant !
– Oh ! ma grand, ces grands trous de nez que vous avez !
– C'est pour mieux priser mon tabac, mon enfant !
– Oh! ma grand, cette grande bouche que vous avez !
– C'est pour mieux te manger, mon enfant !
– Oh! ma grand, que j'ai faim d'aller dehors !
– Fais au lit mon enfant !
– Au non, ma grand, je veux aller dehors.
– Bon, mais pas pour longtemps.
Le bzou lui attacha un fil de laine au pied et la laissa aller.
Quand la petite fut dehors, elle fixa le bout du fil à un prunier de la cour. Le bzou s'impatientait et disait : "Tu fais donc des cordes ? Tu fais donc des cordes ?"
Quand il se rendit compte que personne ne lui répondait, il se jeta à bas du lit et vit que la petite était sauvée. Il la poursuivit, mais il arriva à sa maison juste au moment où elle entrait.
"Manteau de LOUP, doublé CHAPERON", en hommage à Yvonne VERDIER et à son étude : "Le Petit Chaperon rouge dans la tradition orale" (in "Coutume et destin" GALLIMARD, Bibliothèque des Sciences Humaines, 1991)
Rédigé le 24 décembre 2009 à 10:33 dans Belles Lettres, Bestiaire, CARNETS de bord, l'ambuleuse, mfd, Ler dla canpane, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
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Pitié Salpêtrière
Pendant deux siècles, toutes les femmes dont la société ne voulait pas, ont été arrêtées, entassées, mélangées, maltraitées à la Salpetrière jusqu'à ce que PINEL en 1795 pose le principe que la folie n'est pas incurable.
On y enferma pêle-mêle,
" les femmes mendiantes mais aussi de plus en plus les filles de joie, les folles, les orphelines, les libertines, les protestantes, les paralytiques, les crétines, les juives, les impies, les criminelles, les ivrognes, les mourantes, les sorcières, les mélancoliques, les aveugles, les adultérines, les homosexuelles, les épileptiques, les voleuses, les magiciennes, les convulsionnaires, les séniles, les idiotes, les cartouchiennes, les dépravées, les intrigantes, les érotomanes, les filles gâtées, les suicidaires, les bohémiennes, les filles grosses..."
PINEL délivrant les aliénées de La Salpêtrière par Tony Robert-Fleury
"1800 [...]
La Salpêtrière devient un hospice
uniquement de vieilles femmes et de folles
on classe les indigentes selon leur âge et leur infirmité
leur maladie
on trie les septuagénaires les paralytiques
les épileptiques les cancéreuses
les aliénées les personnes réduites au repos
les filles dans l'âge adulte propres au travail
on tente de restructurer les locaux malsains
d'améliorer l'hygiène
on établit des ateliers pour la couture le tricot
la dentelle on restaure la buanderie..."
Les folles d'enfer de la Salpêtière Mâkhi Xenakis ACTES SUD (extraits)
Rédigé le 02 décembre 2009 à 07:08 dans AIR DE PARIS, INVENTAIRES et listes, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
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C'est un récit scotché sur les pages rouges d'un cahier, exclusivement pendant les voyages en train.
Les mots et les lettres utilisés sont déchirés et prélevés chaque semaine, dans une unique revue hebdomadaire.
Ce n'est pas un roman de gare. C'est un ROMAN DE TRAIN !
Rédigé le 25 novembre 2009 à 07:15 dans Belles Lettres, Cabinet de curiosités, CARNETS de bord, l'ambuleuse, mfd, le fil rouge va où il veut, MANTEAUX de Mémoire | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
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"Ici repose Astoniphronque Bonscop, décédé le 22 juin 1874, à l'âge de cinquante sept ans. Bon père, bon époux, le ciel l'attendait, la terre le regrette. Passant, priez pour lui !"
Ces quelques lignes barraient de noir une jolie petite pierre tombale en forme de porte romane, avec des saillies simulées à l'aquarelle. Un étai, pareil à celui qui assure l'équilibre des cadres-chevalet, l'inclinait gracieusement vers l'arrière.
C'est un peu sec dit mon frère...Je me rattraperai sur Mme Egréminy.
Il consentit à me lire une esquisse : -"O ! toi le modèle des épouses chrétiennes ! Tu meurs à 18 ans, quatre fois mère !
Ils ne t'ont pas retenue, les gémissements de tes enfants en pleurs ! Ton commerce périclite, ton mari cherche en vain l'oubli !..."
J'en suis là.
- ça commence bien. Elle avait quatre enfants à 18 ans ?
- puisque je te le dis.
- et son commerce périclique ? Qu'est-ce que c'est un commerce périclique ?
Mon frère haussa les épaules.
- tu ne peux pas comprendre, tu n'as que 7 ans. Mets la colle forte au bain-marie. Et prépare moi deux petites couronnes en perles bleues pour les jumeaux Azioume.
[...]
Mon frère voulut pour honorer ses blanches tombes, la terre molle et odorante, le gazon véridique, le lierre, le cyprès.
Au bout d'une semaine, ma mère passa par là, s'arrêta, saisie, regarda de tous ses yeux... et cria d'horreur, en violant du pied toutes les sépultures...
Mon frère souffrit sans protester qu'on traînât son oeuvre aux gémonies [...] il me prit à témoin avec une mélancolie de poète :
- Crois-tu que c'est triste, un jardin sans tombeaux ?
COLETTE (La Maison de Claudine FERENCZI, 1931)
Rédigé le 30 octobre 2009 à 18:53 dans l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
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"Manteau de mémoire" pour quelques dames enterrées dans les cimetières de Normandie :
Anonyme, DOMFRONT (61), Renée Pélagie de Montreuil, Marquise de SADE, église d'ECHAUFFOUR (61)
Ci-Gît noble demoiselle Guillemine GALLI Comtesse de Delimiel, soeur de François FLeury, de son vivant Sieur de St Julien de Lieury et Amoville, décédée le 7 du mois de mars 1562, l'an des Troubles. Chapelle ST VIGOR-de-MIEUX (14).
Eugénie CHAPRON, décédée le 30 juillet 1882, dans sa 37ème année. Cimetière de ST VIGOR-de-MIEUX (14)
Rédigé le 30 octobre 2009 à 10:31 dans Femmes de ma vie, l'ambuleuse, mfd, Ler dla canpane, MANTEAUX de Mémoire, Petites coutures | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Rédigé le 08 octobre 2009 à 21:40 dans B... comme, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
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[...] épaves d'anciens vêtements, bouts de draps encore ourlés ou chiffrés par endroit, fragments à peine reconnaissables de corsages fleuris, carrés d'étoffe rayée ou à motifs, lais irréguliers de coton débités par pièces puis déchirés, froissés et roulés en boule à proximité de la planche, les chiffons prolifèrent dans l'atelier.Ils hantent silencieusement les emplacements successifs où le travail se déroule...
Gérard TITUS-CARMEL (La leçon du miroir. Imprécis de l'estampe) L'ECHOPPE, 1992
'Manteau de mémoire' pour le graveur,
réalisé par mfd avec des tarlatanes encrées, récupérées dans la poubelle de l'atelier du taille-doucier Marc-Antoine ORELLANA.
Rédigé le 02 octobre 2009 à 11:17 dans Beau linge, INFRA-ORDINAIRE, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins, Marie-Chiffons | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
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"Manteau de mémoire" pour Albertine SARRAZIN, dit encore LE YOYO*
Sur un yoyo* de détenu, j'ai transcrit, au crayon feutre rouge, quelques extraits des nombreux textes relatifs au textile dans "LA CAVALE" d' Albertine SARRAZIN, écrivain et détenue célèbre, dans les années 1960.
"On se contente de me présenter à bout de bras, deux robes de bure, mes chevilles y disparaissent."
"Mon premier troc m'a fait un peu mal au coeur : c'était le cardigan que je portais la nuit de l'accident, presque mon linceul."
"Et que faire en prison, sinon se souvenir et broder ? Tout le monde brode en prison, sur des napperons ou sur des souvenirs. J'ai le devoir d'écrire... !"
"Le vêtement pénal va m'engoncer en des trames rigides, s'imposer tenue de rigueur; et quand je me déshabillerai, le soir, le droguet gardera mes formes, élimé à la poitrine et aux fesses, étranglé à la taille en gros plis froissés.
"[...] MA robe droguet, pour laquelle, depuis que je la porte, je me prends d'affection. Attention, la tôle est dans cette robe, ne l'aime pas !"
"Notre vie et notre peine passeront, mais la robe droguet ne passera point. Le détenu n'use pas son vêtement : c'est le vêtement qui use son détenu.Tristesse de la ravaudeuse ! Je me lève pour faire connaissance avec le temple de l'Oripeau."
Albertine SARRAZIN (La Cavale, Jean-Jacques PAUVERT, 1962)
* YOYO : bandelettes de drap déchirées et nouées entre elles (pouvant atteindre 10 mètres de long).
Les détenus utilisent les "yoyos" pour se passer des messages par les fenêtres des cellules.
Le YOYO_ manteau de mémoire pour Albertine SARRAZIN_mfd, 2003
Rédigé le 14 septembre 2009 à 20:59 dans Beau linge, Belles Lettres, Femmes de ma vie, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins, Prisons | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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"Il y a dix louis d'or pour celui qui fera scavoir à Mr Duvaux correcteur des comptes qui demeure rue de la Tuanderie que le prieur de Valsecret Maillefer est enfermé dans une tour de la Bastille sans messe, sans sacrements, et dans l'estat le plus triste. Il est innocent et il faut demander des commissaires ou s'adresser à Monseigneur le chancellier qui scait son affaire ou bien à Monsieur d'Argenson qui en est chargé. Le prevost de la Coste l'a arresté et il est à craindre qu'il n'ait usé de beaucoup de surprise. L'ordre etoit du 13 janvier signé Phelippeau. Sur tout le secret. 24 mai."
Le père François de Maillefer, prieur de Valsecret, une abbaye du diocèse de Soissons,avait été accusé à tort par un autre ecclésiastique d'avoir voulu empoisonner le Roi et de pratiquer la sodomie. Il entra à la Bastille le 20 janvier 1700. Sans doute privé de plume et de papier, il tenta ce moyen pour communiquer avec l'extérieur.
Le texte de la lettre est brodé au fil de soie noire (fils tirés de l'écharpe du prieur emprisonné). Chaque mot est séparé par une croix.
Dimensions 108 X 445 mm
SOURCES : Paris, BNF, manuscrits, Mss. fr. 8123, f. 126
Rédigé le 23 août 2009 à 10:24 dans Belles Lettres, Cabinet de curiosités, Fil à fil , MANTEAUX de Mémoire, Prisons | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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Rédigé le 10 août 2009 à 10:02 dans Histoires de vécu, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, Objets orphelins | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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Rédigé le 06 août 2009 à 10:16 dans JAPONITUDE, MANTEAUX de Mémoire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Rédigé le 06 août 2009 à 07:09 dans JAPONITUDE, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, Natures mortes | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
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Rédigé le 20 juillet 2009 à 13:32 dans Beau linge, Instants de villes, Jours de VENISE, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins, Marie-Chiffons, Objets orphelins | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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LA ROBE BLEUE DE SIDO
"C'était une robe d'été, en toile de lin d'un bleu doux. En regardant l'envers de l'étoffe, on avait la surprise de le voir d'un ton vif.
Seuls les soleils de plusieurs belles saisons répondaient de son heureux pâlissement. Elle datait, je pense, de 1860, environ.
Cinquante cinq centimètres de tour de taille, et une grande jupe épanouie, brodée de blanc.
"C'est un chiffon disait Sido. Cela ne peut servir à rien. J'en tirerai bien une paire de manches, qui protègeront celles de ma robe quand je laverai la chienne ou quand je pétrirai la pâte de la tarte..."
Mais la robe bleue retournait entière au tiroir. Je ne me repens pas d'y avoir porté les ciseaux puisque d'un bleu doux, et ramagée de blanc, elle habille comme par le passé, elle habille encore et toujours ma très chère Sido." COLETTE
Note rédigée vers 1948-1950, au feuillet 1 et 2 du manuscrit autographe de SIDO
(PARIS -BNF - Manuscrits N.a.f. 18661)
Plats et dos du manuscrit :
toile de lin bleu, sur laquelle est appliquée une chaînette blanche. ( fragment de la robe de Sido)
Dimensions : 290X250mm
Sources : Livres en broderie : Reliures françaises du Moyen-Age à nos jours. Paris, Bibliothèque Nationale, 1995.
Rédigé le 18 juin 2009 à 18:27 dans Beau linge, Belles Lettres, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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Rédigé le 16 juin 2009 à 10:37 dans MANTEAUX de Mémoire | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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Manteau de mémoire* pour CLELIA MARCHI
Clelia MARCHI (1912-2006) était une paysanne italienne de Poggio Rusco (région de Mantoue).
Après la mort de son mari en 1984, elle écrivit, aux heures de l'insomnie, pendant presque deux ans, à l'encre noire, sur un drap, le récit de sa vie avec son époux, "sans jamais un mensonge" ("gnanca nà busia").
«Una notte non avevo più carta. La mia maestra Angiolina Martini mi ha spiegato che i “Truschi” avevano avvolto un morto in un pezzo di stoffa scritto. Ho pensato se l’hanno fatto loro, lo posso fare anch’io. Le lenzuola non le posso più consumare col marito e allora ho pensato di adoperarle per scrivere.» Clelia MARCHI
En 1986,
le drap de CLELIA entre à L'Archivio Diaristico Nazionale di PIEVE SAN STEFANO en Toscane.
En 1991,
l'écrivain Gérard Macé relate l'histoire de Clelia MARCHI dans une nouvelle intitulée
"Chanson de toile" ( in : Vies antérieures Gallimard).
En 1992,
le texte inscrit par Clelia MARCHI sur son drap, est édité par la Fondazione Arnoldo e Alberto MONDADORI, sous le titre GNANCA NA BUSIA
"Una lunga storia d’amore e di creazione di tante vite quante quelle dei figli da crescere in condizioni di estrema fatica e povertà. E uno stile che ha il ritmo e la costruzione del poema, e la forza delle descrizioni scarne. Questo è il lenzuolo “Graffito” di Clelia Marchi, che racconta la sua vita ma anche i luoghi della sua memoria. Gli stessi di un uomo, Arnoldo Mondadori, che ha molto lavorato per diffondere l’arte della scrittura attraverso l’editoria. Due destini diversi, ma anche radici comuni profonde che portano per vie lontane eppure vicine, a fare libri". Fondazione Mondadori
En 2002,
au hasard d'une conversation téléphonique avec Gérard Macé, l'idée prend forme de me faire le scribe à l'aiguille et au fil rouge pour transcrire la nouvelle : "Chanson de toile" sur un drap.
Si CLELIA l'avait fait, je pouvais le faire aussi !
En 2003,
Un drap usagé, recueilli dans une brocante, avec un marquage d'origine, M - C devient le support de la transcription au fil rouge de la nouvelle "Chanson de toile" de Gérard Macé.
*Manteau de mémoire : intitulé, généreusement prêté par Gérard Macé
Rédigé le 27 mai 2009 à 00:12 dans Affinités, Belles Lettres, Femmes de ma vie, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins, Rêver sur le rêve..., TRIBUTE TO | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
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Rédigé le 17 mai 2009 à 19:43 dans Femmes de ma vie, INVENTAIRES et listes, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Bouquins, Prisons | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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Rédigé le 16 mai 2009 à 18:49 dans l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, O... comme | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Après avoir sélectionné environ 150 représentations de la chemise masculine dans l'Histoire de l'Art Occidental (du "Portement de la croix" de Piero della Francesca, aux "Bourgeois de Calais" de Rodin), j'ai finalement retenu deux chemises blanches, choisies dans l'œuvre de GOYA :
La peinture du " Très de mayo" et la gravure n° 31 : " Voilà qui est fort" dans la série : "Les désastres de la guerre" pour les faire dialoguer avec le fil rouge, la croix et le nœud : fournitures de base de "la mercerie ambulante".
Rédigé le 13 mai 2009 à 17:37 dans Beau linge, CARNETS de bord, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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Rédigé le 13 mai 2009 à 05:51 dans AILLEURS... et autrement, JAPONITUDE, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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Fragment textile dans une flaque de gasoil sur l'embarcadère de PORT-LOUIS
"Des vêtements qui n'habilleront plus personne, des étoffes qui furent tissées pour des fantômes"
Gérard Macé (Choses rapportées du Japon Le Promeneur, 2001)
Technique : Texte écrit au fil et à l'aiguille (au marquage de blanchisserie) sur textile glané et laissé en l'état. 2004
Rédigé le 27 avril 2009 à 16:14 dans Beau linge, l'ambuleuse, mfd, Macadam, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Chiffons, Natures mortes, Objets orphelins | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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T... comme TRICOT
Tricoter la vie pour un "manteau de mémoire*" personnel :
LE TRICOT DE VECU
C'est un tricot de fil. C'est un tricot "pur fil". C'est un tricot du fil de la vie.
C'est un tricot qui prend le temps. C'est un tricot au fil du temps.
C'est un tricot qui prend son temps. C'est un tricot du fil du temps.
Tricot du fil du tant. Tricot de temps.Temps de tricot. Tant de tricot.
Tant de temps. Temps de Tant. Temps et tant. Tant et tant…
Pour la petite histoire :
La tante Armande était couturière. A sa mort, j'ai reçu en héritage quelques draps usés.
Déchirés en bandelettes et parsemés -au crayon feutre rouge- des mots : VIE - LIENS - OUBLI,
ils sont devenus, au point mousse, la maille d'un TRICOT DE VECU.
Il est possible que le tricot de vécu soit mon dernier travail.
Il est possible que je finisse par ne plus faire que tricoter inlassablement, les trois mots de la vie, répétés à l'infini, jusqu'à la fin de mes jours valides et conscients.
C'est un travail en cours, depuis 2001. C'est un travail sans fin, jusqu'à la fin.
* L'intitulé "Manteau de mémoire", m'a été généreusement prêté par l'écrivain Gérard Macé.
"Les travaux de la fée, que j'ai toujours vue baguée d'un dé à coudre : faire passer le manteau de la mémoire à travers le chas d'une aiguille."
Gérard Macé (Le Manteau de Fortuny, Gallimard-1987)
Rédigé le 23 avril 2009 à 19:03 dans l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire, T... comme | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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G... comme GENEALOGIE
Sur un drap chiffré L - E, l'application de marquages anciens pour organiser une généalogie fictive et collective, en 4 lignées qui fonctionnent par les lettres ( L E - L M - B L - B P -B M... ).
Entre les lignages, un texte écrit au crayon feutre rouge rappelle les trois âges de la vie.
"D'une croix lointaine aux lettres conjuguées de l'alphabet
LIENS ténus ou fils mêlés dans l'épaisseur d'une VIE
jusqu'à se dénouer dans la légèreté de l'OUBLI" mfd
Rédigé le 18 avril 2009 à 11:51 dans Belles Lettres, G... comme, l'ambuleuse, mfd, MANTEAUX de Mémoire | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
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Rédigé le 09 avril 2009 à 10:05 dans AIR DE PARIS, MANTEAUX de Mémoire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Sur une robe en soie noire des années 1920, l'inventaire (réel ou fictif et non exhaustif) des femmes de ma vie est inscrit au fil rouge et à l'aiguille.
Inventaire des femmes de ma vie _mfd 2003
Rédigé le 21 mars 2009 à 16:17 dans Beau linge, Femmes de ma vie, INVENTAIRES et listes, l'ambuleuse, mfd, le fil rouge va où il veut, MANTEAUX de Mémoire, Marie-Chiffons, TRIBUTE TO | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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